‘Méthode en recherche clinique et veille scientifique’
par Clara Beldjord, invitée du podcast Les Voix du Cab.
Clara Beldjord est ostéopathe depuis 2019, elle enseigne et travaille aussi au centre régional de lutte contre le cancer, l’institut Bergonié, à Bordeaux. Elle n’a jamais arrêté de se former, notamment en “Méthode en recherche clinique”. Pourquoi ? Pour continuer d’apprendre et aiguiser toujours plus son esprit critique d’article scientifique.
“J’avais besoin de retrouver un aspect plus cartésien dans ma spécialité. C’est important, presque essentiel, de savoir remettre en question un modèle, de faire le tri et d’apporter de la rigueur notamment en affinant son esprit critique.
Je travaille en oncologie, j’ai donc axé ma formation dessus. L’expérience n’est pas toujours source de vérité et n’acte pas forcément de résultats. Il faut continuer à apprendre.
J’ai notamment apprécié tout le travail autour de la fiabilité d’une étude :
- Savoir analyser le nombre de sujets qui ont été étudiés sur l’étude (plus il y a de participants plus c’est fiable d’un point de vue statistique)
- Comprendre la question de recherche, être capable de dire si elle est bien formulée ou si il y a quelque chose d’un peu flou (la problématique est-elle bien posée ?)
- Quels sont les investigateurs qui se sont intéressés au sujet
- Quelle a été la méthode de recherche (variance, écart type…)
- Vérifier les tests utilisés (paramétriques, non paramétriques…).
Important aussi, la question d’une étude simple aveugle ou double aveugle, selon qui est au courant lors de l’étude, cette variable peut influencer le résultat aussi.
Beaucoup de choses sont vérifiables. La clé se trouve dans l’esprit critique et les biais. Ainsi, la discussion et l’échange sont primordiaux.
Il existe beaucoup de types de biais cognitifs, d’interprétation, de confusion… est-ce que par ces biais le résultat peut tendre vers quelque chose de négatif ? La personne a-t-elle bien retourné la question dans tous les sens ? Son esprit a-t-il été suffisamment critique ?
De plus, travailler en oncologie demande beaucoup de prudence, je fais très attention à ce que je dis. Je me retrouve face à tous types de personnes salariées d’un hôpital, je me demande alors comment je vais leur expliquer ma prise en charge ostéopathique et comment je vais la rendre cohérente. L’ostéopathie doit être réalisée sur des bases saines d’évidence based practice. Je prends moins de risques avec de l’ostéopathie tirée de la science, c’est très important pour l’équipe médicale mais aussi pour le patient, surtout pour le patient !
Si j’ai un conseil pour ceux qui souhaitent toucher du doigt la veille scientifique c’est d’abord de ne pas avoir peur de se former. Il y a des organismes partout, ils n’ont pas à avoir peur. Les masters ne sont pas fermés aux ostéopathes, c’est faux !
Enfin, c’est important aussi de se rapprocher des personnes compétentes, avec docmeup par exemple, qui accompagne sur la veille et facilite la recherche tout en proposant un résultat fiable. Ce que j’apprécie dans le manifeste de docmeup notamment c’est l’approche centrée sur le patient. Le remettre au centre de la prise en charge avec la recherche du consentement éclairé tout au long de la consultation (lui demander son avis, respecter ses attentes, fixer des objectifs partagés…)
Ces valeurs je les partage avec le CAB !”





